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 cours de philo

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pepino



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Date d'inscription: 09/09/2006

MessageSujet: cours de philo   Mar 7 Nov - 19:48

Pour ceux qui ont la main pleine de sueur en sortant des cours de philo, je me propose de poster régulièrement mes cours comme ça vous n'aurez plus qu'à les imprimer!

je vais donc commencer par ceux d'aujourd'hui :

Exister c’est conduire sa vie selon une composition personnelle : composer en vue d’un bonheur à sa mode avec les moyens qui sont les siens. Un personnage émerge, c’est le petit bourgeois. On est loin du concept d’existence, aux antipodes de l’existentialisme. Or la révolution que Mme de Genlis prend acte, c’est exactement la même que celle que proclame la déclaration d’indépendance des EU d’Amériques. C’est aussi la même idée que proclament St juste, le « mars 1794 : le bonheur est une idée neuve en Europe .Il semblerait que ce qui s’invente est la libre individualité qui doit invente son propre bonheur. Cette invention va-t-elle de soit ? Quels types de Pb pose-t-elle ?

I) L’existence peut elle être définie comme occupation ?
A) 1734, Voltaire cite l’existence pour la première fois dans la 25ème lettre des Lettres Philosophiques ou Lettres Anglaises. Dans cette lettre, cette idée neuve du bonheur terrestre doit elle passer par la notion d’existence. Si l’institution de l’idée de bonheur en passe par l’idée d’existence c’est que ce qui se joue n’est pas simplement une polémique vs Pascal c’est aussi une polémique contre les libertins (soit Gassendi, épicurisme chrétien, soit sous la forme avec Cyrano (épicurisme athée)).
Il s’agit de concilier l’idée du bonheur sur terre et l’idée d’une religion de type déiste. Le concept d’existence est articulé pour permettre cette articulation
B) Lecture : 1) occurrences du terme : l’existence / humain / fait d’être. Cela est appliqué à l’humain de façon générique comparable aux animaux dans d’existence des animaux et de la terre. Le terme d’existence est travaillé comme concept pour résoudre un problème P. avec derrière une thèse qu’est ce qu’être un homme ? > un animal d’un certain type.
Ces trois occurrences :
a) l’existence des hommes : voltaire écrit au paragraphe 6, notre existence n’est point i malheureuse que l’on veut nous faire croire … > existence des hommes pas s malheureuse, tel que le bonheur sur terre est possible et en même temps , elle est présentée comme commune aux animaux.
b) L’existence de l’homme : paragraphe 23 : qu’est qu’un homme qui n’agirait point ? … l’existence de l’homme est définie comme un être occupé.
c) L’existence du genre humain : je ne sais pas ce que nos pères faisaient dans le paradis terrestre…

2) l’analyse du sens d’existence : exister c’est être hors de soi, être occupé. Il appuie cela par un raisonnement par l’absurde (je veux démontrer qu’une proposition est vraie et nécessairement vraie :
« p » est vraie (et nécessairement vraie)
« non p » est nécessairement fausse > analyse de « p » si « p » est complexe
> « non p » >>> « q et non q »
« non p » <-> « q et non q » )

1) P.C. est légitime
2) Tte pr. Est vraie ou fausse, le Tiers Exclu (TE). Les intuitionnistes s’astreignent à ne pas passer par le TE.

Voltaire appuie son concept d’existence par un raisonnement par l’absurde, où il effectue un glissement de sens. > Un homme se contemplant ou ne voyant que lui même ne saurait exister. Ici le sens d’exister a un sens absolument objectif. Il y aurait contradiction à ce qu’un tel homme existe mais la preuve imposée par voltaire est introduite par le constat d’une absence de sens. Pourquoi ? Car cela n’a pas de sens. Or il va de là à une ccl qui est d’un tt autre ordre : « le voilà donc nécessairement occupé de ses sens et des ses idées ». « Il est impossible à la nature humaine de rester dans cet engourdissement imaginaire ». Ou est le glissement ? On suppose qu’être un homme dans l‘inaction est une contradiction dans les termes. Lorsque V conclut, il accomplit un autre pas. Glissement d’exister au sens de la réalité objective et exister au sens d’exister pour l’homme au sens d’accomplir sa vie. Il reste en porte à faux avec lui même car l’existence en tant qu’occupation = sophisme : existence objective et exister (se réaliser).


voila bonne lecture et sourtout shamarrr philo
Pepino
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Cam



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Age: 22
Localisation: St Jean de Luz (64)
Date d'inscription: 22/08/2006

MessageSujet: Re: cours de philo   Mar 7 Nov - 21:02

Génial de chez génial!!!
Merci beaucoup Pépino!

_________________
Docteur Cam™
Il y a quatres types idéals: le crétin, l'imbécile, le stupide et le fou. Le normal, c'est le mélange équilibré des quatre! (Umberto Eco)
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antoniou



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Localisation: Mont-de-Marsan
Date d'inscription: 05/08/2006

MessageSujet: Re: cours de philo   Jeu 9 Nov - 10:33

Ohhhhh merkiiiii Aubin !
Moi qui désespérais de ne pas pouvoir le recopier, ça fait bien plaisir Very Happy
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pepino



Nombre de messages: 6
Date d'inscription: 09/09/2006

MessageSujet: cours e vendredi edrnier   Lun 13 Nov - 23:56

salut à tous !!!!
(désolé cam si je me suis trompé c'est juste qu'en matière de conneries je ne cesse de faire des progres, encore merci pour l'espagno en tt cas !!!)

voici donc les cours du 10 nov dernier que bien sur vous attendez tous (serieux??? non bien sûr!!!)

Voltaire choisit un genre particulier qui n’est pas tt à fait dialogue polémique, mais se tient dans un autre registre. La présentation des pensées de pascal se succède d’une manière pas si différente que les dialogues philosophiques de l’époque. On a une composition de type dialoguée, assez raide, assez artificielle qui vise à mettre les choses en conflit : c’est plus une dialectique qu’une dialogique.
Il ne s’agit pas pour nous de faire une lecture exhaustive de ces lettres, il faudrait rentrer dans le contexte polémique de l’époque. En revanche ns allons w sur la construction et mettre en évidence les traits.
(Poursuite du w de la semaine précédente)
2) Le sens
- Etre situé dans le monde : notre existence n’est pas ici notre être mais une situation à une certaine place qui est à la fois posée comme Voltaire comme distincte mais comparable à celles des animaux. La référence à l’animalité est constante dans ce txt.
- L’existence s’y trouve comme ayant des conditions : exister n’est possible que ss certaines conditions.

Nous existerions pas sans agir mais pour agir, donc exister c’est agir.
Comment Voltaire appuie-t-il le fait que le bonheur est possible sur Terre en construisant une autre conception ?

3) Comment passe-t-on de ce concept d’existence à l’idée d’un bonheur terrestre ?
Intérêt pour agir = intérêt moteur de sorte qu’agir ns est indispensable, cela nous est utile à nous même et > cela peut faire et doit faire notre bonheur. Ns faisons aussi le bonheur des autres car aux yeux de V, il n’y a pas d’incompatibilité entre les passions et le bonheur de chacun pris ensemble.
Pour le coup, cela est une idée neuve car au 19ème les passions sont dangereuses (car signe d’émergence de conflit entre les hommes). Ici ce qui est posé c’est que l’instinct secret… (Paragraphe 24) « Le premier principe et le fondement nécessaire de la société » (proche des idées de Adam Smith (la main invisible et sympathie naturelle) ou de Mandeville (le bonheur demande à être creuser car il ne va pas de soi)). Pour V, en cherchant à faire mon bonheur, je fais le bonheur des autres.
Paragraphe 26 : c’est l’intérêt qui produit le travail, la progression, des conditions matérielles de vie.
Paragraphe 11 : amour de soi est le fondement de tout commerce (échange de biens mais aussi plus large : l’échange et les relations d’échanges avec qq’un). Cette thèse sera repris par Helvétius dans l’ouvrage De l’esprit : les conduites humaines soumises aux lois de l’esprit.
Cet amour propre que nous portons à notre action, ce qui nous permet de remplir nos vies, cette action est liée à ce que V appelle l’essence de la nature humaine (paragraphe 3).

Comment la compatibilité est assuré entre la possibilité du bonheur sur terre et la religion : deux thèses. 1) L’amour propre est d’origine divine (évocation de l’instinct de conservation).
2) Idée formulée de manière variable dans la lettre 25 : « Dieu nous a donné la religion pour régler cet amour propre ». Il peut exister des modes de régulation de l’amour propre. D’une manière plus large, le discours de V peut se déployer entre les relations immanentes et les relations non immanentes
> Possibilité d’une relation immanente : avertissement d’avoir à respecter les autres (avertir c’est donner un signe de la présence de qqc, ici V nous dit que noter amour propre nous invite à avoir une idée d’ouverture sur les autres sans pour autant aller jusqu’à la sympathie naturelle de Smith).
> Régulation en plus : le droit (il dirige, il contrôle par l’intermédiaire des sanctions)
> Régulation en plus : la « religion » (V parle de perfectionnement, tout cela reste flottant, car l’essentiel est assuré par le droit, que Kant reprendra de manière plus intensive)

Le contexte d’écriture : V écrit en Fce, dans un contexte religieux particulier. La religion dt il parle est assez indéterminée, elle revoie à dux dimensions : l’amour des autres et la morale. Qu’entend-il par morale (paragraphe 42) ? « Ne faites pas à autrui, ce que vous ne voudriez pas ce que l’on vous fît ».Ce qui se profile c’est la condition de réciprocité. On l’appelle « règle d’or de la morale ». Il est dc impt de comprendre pour V qu’il ne conteste pas cette maxime de morale mais plutôt l’érige comme une règle de prudence. L’idée derrière cette morale : la part véritablement religieuse des choses c’est l’enseignement de la charité, de l’humanité et de la simplicité. Au fond, la morale et la religion n’ont pas besoin de métaphysique. Elle est dc une des sces de l’inspiration kantienne. V reprend à sa charge « qui veut faire lange, fait la bête ». Faire l’ange= vouloir détruire les passions, l’intérêt, l’amour propre. Faire la bête= exige en réalité d’en produire une autre ‘l’horreur de son propre être, la haine de son amour propre’. V insiste sur l’animalité car ici elle signifie la naturalité, le bien fondé moral de l’amour propre. Il n’y a pas que cela dans l’animalité de l’homme, il y a qqc qui rejoint le concept d’existence : il y a une manière de réifier l’homme « il est des hommes comme des animaux : tel chien qui couche et mange avec sa maîtresse, et celui qui tourne la broche » (ce dernier n’est pas de la fête, mais est content de ce qui lui fait plaisir immédiatement et seul il évalue ce plaisir). Il n’en demeure pas moins que cela a une csq qui n’est pas posée par V mais qui est susceptible de se manifester : si nous faisons un absolu de cette phrase en ramenant l’homme à un animal, et bien nous ne l’éduquons plus puisque l’enfant comme l’adulte éprouve son plaisir à sa mesure et est le seul à pouvoir en juger. Cela renvoie à l’impossibilité de penser à l’éducation d’un être, c’est précisément sur ce point que Kant va répondre en introduisant l’idée de discipline (on arrache l’enfant à son plaisir immédiat pur l’éduquer).
L’autre manière : « tel devient enragé, on le tue ». Ici, c’est la virgule qui nous intéresse car il n’est pas question de procès, on le tue et point barre ! La valeur d’un homme est uniquement tenue dans sa conduite. L’entreprise voltairienne semble correcte d’un point de vue de la cohérence conceptuelle, l’existence est ici considérer comme une réalité objective d’une res (une chose animale définit par l’action). Ceci est définit comme une occupation. Le problème c’est que chez V il y a un « impensé » de sa pensée…

C) Examen critique
1) L’argument selon lequel l’homme ne peut exister sans occupation
- Par exhaustion des possibles : Se contempler c’est contempler qqc de soi.
- Ce qqc, cela peut être ou bien corps et sens ou bien pensée.
- Or cela ne peut être corps et sens (à cela il y a une raison)
- Or cela ne peut être raison (à cela il y a une raison)
ccl : on ne peut pas se contempler.
Dans le détail : se contempler c’est contempler qqc de soi est déjà un pb du point de vue de la pensée. Il y a déjà qqc comme une réification : on fige le mouvement de la réflexion entre un moi sujet et un moi objet, on ne peut plus la comprendre et dc on ferme la réflexion.
Deuxièmement : corps et sens et pensée. Cette division va-t-elle de soi ? Faut-il être dualiste ? Pourquoi corps et sens ensemble ? Pensée est une seule et même chose ?
La raison pose un beau pb : je ne peux contempler ce que je n’utilise pas, car si je l’utilise elle est en mvt. La raison consiste à dire que l’objet de la contemplation doit être immuable et en tt cas, immobile et en repos. A quoi sert la logique ? Elle ne sert pas à inventer mais à analyser mais en analysant on se met dans les conditions optimales pour inventer…
Il faut exercer sa façon de penser : V nous dit qu’il ne pensera à rien ou il pensera à ses idées (il ne se contemple pas mais il contemple ses idées). Cela s’appelle en réalité « ne pas réfléchir ». si c’est penser à rien et bien cela selon V ce n’est pas possible ou ce n’est possible que si c’est ne pas penser (poème : La môme néant de Desnos (ortho ?)). Il y a un présupposé très fort et problématique qui n’est pas si loin de notre introduction : qu’est ce que Heidegger appelle l’angoisse si ce n’est un rapport avec le néant.
Ne penser à rien, ce n’est pas penser : est ce que cela signifie que toute conscience est conscience de qqc ? Si cela signifie que la pensée est visée, cela prendrai une autre signification et n’exclurai plus sa propre contemplation. Quel sens donne V à cela : il dit que la pensée est un contenant qui réclame un contenu. > La pensée = un estomac. Notre pensée se nourrit d’objets extérieurs, position sensualiste. Il y a ici une sorte de sophisme car il n’est pas question d’objets mais d’objets dont on postule qu’ils sont extérieurs. Ce n’est pas parce que les hommes existent, parce qu’ils ont leur condition d’être hors d’eux mêmes, ils existent, ils sortent d’eux-mêmes pour aller à la rencontre de leur propre condition. A peu de chose près, cela ressemble à l’anthropologie lockienne.



voila bonne lecture
sincères amitiés,

Pepino

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Cam



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MessageSujet: Re: cours de philo   Mar 14 Nov - 19:27

OK Aubin, merci beaucoup!
Si tu respectes en plus un ordre chronologique, ça sera parfait!
Bon, moi je dois mettre sur le forum le cours d'histoire, mais là, la flemme, et j'ai mon espagnol à apprendre!
La bise à tous!

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